ویدا حاجبی زندگینامه ویدا حاجبی
پرتره ویدا حاجبی

ویدا حاجبی تبریزی (۱۳۱۴–۱۳۹۵) نویسنده، پژوهشگر و فعال سیاسی ایرانی بود؛ زنی که زندگی‌اش میان تهران، پاریس، کاراکاس، الجزایر و سال‌های زندان و تبعید گذشت و تا پایان عمر جستجوی حقیقت و بازنگری را رها نکرد.

او در تهران، در خانواده‌ای فرهنگ‌دوست و آزاداندیش به دنیا آمد. پدرش، علی حاجبی، از فارغ‌التحصیلان مدرسه علوم سیاسی و مردی با باورهای پیشرو درباره برابری حقوق زن و مرد بود و مادرش، مهین‌دخت کاظمی، به هنر و فرهنگ دلبستگی عمیقی داشت. نوجوانی‌اش همزمان با سال‌های پرتنش پس از کودتای ۲۸ مرداد بود و حضور در دادگاه محمد مصدق تأثیر عمیقی بر نگاه او به سیاست و عدالت گذاشت. در سال ۱۳۳۵ برای تحصیل معماری به پاریس رفت؛ شهری که با فضای روشنفکری، جنبش‌های دانشجویی و تجربه استقلال فردی، مسیر زندگی او را دگرگون کرد.

در پاریس، خواهرش نقش مهمی در آشنایی‌اش با محافل دانشجویی و جریان‌های فکری و سیاسی آن دوران داشت. ویدا در همان سال‌های مدرسه معماری، دوستی نزدیکی با فرح دیبا داشت. هر دو زندگی ساده و پرجوشش دانشجویی را تجربه می‌کردند.

ویدا در فرانسه با اسوالدو بارتو، مبارز جوان ونزوئلایی، آشنا شد که بعدها او را به همسری برگزید. رامین، پسرشان، اندکی بعد در ونزوئلا به دنیا آمد. زندگی ویدا در سال‌های بعد با سفر، مهاجرت و زیستن در فرهنگ‌های گوناگون گره خورد؛ از تهران و پاریس تا ونزوئلا، الجزایر و کوبا. او در الجزایر پس از استقلال با فعالان و مبارزان آمریکای لاتین معاشرت داشت و در سال ۱۳۴۴، در جریان کنفرانس سه‌قاره در هاوانا، از نزدیک با فیدل کاسترو دیدار کرد؛ تجربه‌هایی که بعدها در کتاب «یادها» به آن اشاره کرد.

سال‌های بعد، پس از بازگشت به ایران، در مؤسسه علوم اجتماعی به پژوهش مشغول شد و از طریق سفر به نقاط مختلف ایران، شناختی عمیق‌تر از سرزمین و جامعه‌اش به دست آورد. در مرداد ۱۳۵۱ بازداشت شد و به هفت سال زندان محکوم گشت. تجربه زندان تأثیر ماندگاری بر زندگی و نوشته‌هایش گذاشت. او همزمان با انقلاب ۱۳۵۷ ایران از زندان آزاد شد، اما در سال ۱۳۶۱ ناگزیر ایران را ترک کرد و تا پایان عمر در پاریس، در تبعید، زندگی کرد.

پس از آزادى از زندان، مدتى در فعاليت هاى سياسى چپ حضور داشت، اما به تدریج به بازنگری و نقد تجربه ها و باور هاى خود و بخشى از هم نسلانش روى آورد و كوشيد با فاصله به مسير فكرى و انتخاب هایش نگاه كند. پسرش، رامین، در شکل‌گیری این مسیر و بازنگری در گذشته نقشی مهم داشت. از دل این مسیر، کتاب‌های «داد بیداد» و «یادها» شکل گرفت؛ آثاری که امروز در شمار مهم‌ترین روایت‌های زندان، تبعید و حافظه سیاسی معاصر ایران قرار دارند. ویدا کتاب «یادها» — روایتی از زندگی و مسیر فکری‌اش — را به رامین تقدیم کرد.

«رفته‌رفته، سنجش گذشته برایم معنا و اهمیت پیدا کرد و به موضوعی ضروری در ذهنم تبدیل شد.»

ویدا حاجبی — کتاب یادها

سال‌های پایانی زندگی‌اش بیشتر صرف نوشتن، ترجمه و ثبت خاطرات دوستان و همراهانش شد. او در همان سال‌ها نیز ارتباطی نزدیک و صمیمی با نسل جوان برقرار می‌کرد و برای بسیاری شنونده‌ای کنجکاو و همراهی الهام‌بخش بود.

طبیعت و مسائل زیستی جایگاه مهمی در زندگی‌اش داشت و تا پایان عمر پیاده‌روی و سفر بخشی جدایی‌ناپذیر از زندگی روزمره‌اش باقی ماند. او که مدتی کوتاه در مرکز فرهنگی ژرژ پمپیدو کار می‌کرد، همواره به هنر اهمیت می‌داد؛ تا روزهای پایانی زندگی فعال و پویا ماند، چه در نوشتن و چه در تلاش برای شناخت و فهم جهان پیرامونش.

آخرین کتاب او، «قصه رامین»، را پس از مرگ رامین منتشر کرد؛ کتابی که بر پایه خاطرات دوستان و نزدیکانش شکل گرفت.

ویدا دو سال پس از مرگ رامین، در روزهای نزدیک به بهار، بار این سفر پرفراز و نشیب را بر زمین نهاد.

این صفحه یادی است از زندگی، نوشته‌ها و مسیر فکری زنی که تا پایان عمر پرسشگر و جستجوگر ماند.

Vida Hajebi Tabrizi (1936-2017) est une écrivaine, chercheuse et activiste politique iranienne. Sa vie s'est déployée entre Téhéran, Paris, Caracas, Alger, les années de prison et l'exil. Jusqu'à la fin de sa vie, elle n'a cessé de remettre en question ses convictions et de chercher à mieux comprendre le monde qui l'entourait.

Elle naît à Téhéran dans une famille cultivée et ouverte d'esprit. Son père, Ali Hajebi, diplômé de l'École des sciences politiques, défend des idées progressistes, notamment en faveur de l'égalité des droits entre les femmes et les hommes. Sa mère, Mahin-Dokht Kazemi, nourrit un profond attachement à l'art et à la culture. Son adolescence coïncide avec les années qui suivent le coup d'État du 19 août 1953. La présence au procès de Mohammad Mossadegh marque durablement son regard sur la politique et la justice. En 1956, elle part à Paris pour étudier l'architecture. La vie intellectuelle de la capitale française, les mouvements étudiants et l'expérience de l'indépendance transforment profondément son parcours.

Sa sœur joue alors un rôle important dans sa découverte des milieux intellectuels et politiques de l'époque. Durant ses années d'études, elle se lie d'amitié avec Farah Diba. Toutes deux partagent une vie étudiante simple et animée.

En France, Vida rencontre Oswaldo Barreto, jeune militant vénézuélien qu'elle épousera plus tard. Leur fils, Ramin, naît peu après au Venezuela. Les années suivantes sont marquées par les voyages, les migrations et la découverte de différentes cultures. De Téhéran à Paris, du Venezuela à l'Algérie et à Cuba, elle côtoie de nombreux intellectuels et militants. En Algérie, après l'indépendance, elle fréquente des activistes et révolutionnaires d'Amérique latine. Lors de la Conférence tricontinentale de La Havane, elle rencontre Fidel Castro, une expérience qu'elle évoquera plus tard dans Yadhâ (Souvenirs).

De retour en Iran, elle rejoint l'Institut des sciences sociales, où ses recherches et ses nombreux voyages à travers différentes régions du pays lui permettent d'en approfondir la connaissance. En août 1972, elle est arrêtée et condamnée à sept années de prison. Cette expérience laissera une empreinte durable sur sa vie et son œuvre. Elle est libérée au moment de la révolution iranienne de 1979. En 1982, elle est contrainte de quitter l'Iran et s'installe à Paris, où elle vivra en exil jusqu'à la fin de sa vie.

Après sa libération, elle poursuit pendant un temps son engagement au sein des mouvements de gauche avant d'entreprendre une réflexion critique sur son propre parcours et celui d'une partie de sa génération. Son fils, Ramin, joue un rôle important dans ce cheminement et dans son regard renouvelé sur le passé. De cette démarche naissent notamment Dad Bidad et Yadhâ, aujourd'hui considérés comme des ouvrages majeurs sur la prison, l'exil et la mémoire politique de l'Iran contemporain. Elle dédie Yadhâ, récit de sa vie et de son parcours intellectuel, à son fils.

« Peu à peu, l'examen du passé a pris pour moi sens et importance, jusqu'à devenir une nécessité. »

Vida Hajebi — Yadhâ

Les dernières années de sa vie sont consacrées à l'écriture, à la traduction et à la préservation des souvenirs de ses amis et compagnons de route. Elle entretient également des liens étroits avec les jeunes générations, pour lesquelles elle demeure une interlocutrice attentive et une présence inspirante.

La nature et les questions environnementales occupent une place importante dans sa vie. La marche et les voyages restent jusqu'au bout des éléments essentiels de son quotidien. Profondément attachée à l'art, elle demeure active jusqu'à ses derniers jours, poursuivant son travail d'écriture et son désir de comprendre le monde qui l'entoure.

Après la disparition de son fils Ramin, elle publie son dernier ouvrage, Qesse-ye Ramin (L'Histoire de Ramin), composé à partir des souvenirs de ses proches et de ses amis.

Vida Hajebi s'éteint à Paris en 2017, deux ans après la disparition de son fils, à l'approche du printemps.

Cette page est consacrée à la vie, aux écrits et au parcours intellectuel d'une femme qui demeura, jusqu'à la fin, fidèle à l'esprit de questionnement et de recherche.